À peine venu au monde, et déjà rattrapé par la retraite ?
Ce mardi 11 novembre, Gabriel Attal, président du parti Renaissance, a fait une proposition pour le moins surprenante à première vue : verser 1000 euros à chaque enfant naissant en France et sans condition de ressource.
Cette somme serait alors investie dans un compte actions qui ne pourrait être débloqué avant la retraite.
Les parents et grands-parents pourraient toutefois compléter la somme jusqu’aux 18 ans de l’enfant, tout en profitant d’un abattement fiscal.
Selon l’ex-Premier ministre, cette décision permettrait de faire des économies à long terme, et d’orienter le système actuel vers la retraite par capitalisation obligatoire.
Mais elle aurait un coût non négligeable par les temps qui courent : 660 millions d’euros par an, selon le groupe EPR (Ensemble pour la République), à l’instant même où le débat sur la suspension de la réforme des retraites fait rage à l’Assemblée.
Parmi toutes les questions que peut soulever cette idée saugrenue, une en particulier revient : un versement de 1 000 euros suffit‐il ?
Bien entendu, le rendement dépendra des marchés, des frais, des performances, de la bonne gestion. Mais, une chose est sûre, en plaçant votre argent en Bourse, vous êtes toujours gagnant sur le long terme.
Jugez plutôt : 1000 euros placés à 7% (rendement moyen des actions à long terme) pendant 60 ans, cela donne à échéance 57 000 euros (avant impôts et prélèvements sociaux), soit une jolie culbute par rapport à la mise de départ, mais une somme insuffisante pour le restant de ses jours.
Si à la retraite, vous voulez un complément de revenus de 1000 euros par mois, il vous faut à minima un capital de 170 000 euros (en plaçant à 7%) le jour de votre cessation d’activité. Il suffirait de 1.500€ à la naissance pour parvenir à une telle somme.
Une chose est sûre, les nouvelles générations devront investir pour s’assurer une retraite. Et pour ça, ils devront être formés. Alors, offrez-leur une éducation financière.