Épargne : les Français sont-ils vraiment prêts à investir dans la défense nationale ?

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Un sondage montre que près de 30% d’entre eux se disent prêts à soutenir le secteur. Mais entre l’intention et le passage à l’acte, il y a un pas qui n’est pas toujours franchi.

Par Olivier Decarre
Publié le 06/06/2025 à 15h41

Épargne : les Français sont-ils vraiment prêts à investir dans la défense nationale ?
(©AdobeStock)

C’est désormais une tradition. Chaque année, le « baromètre de l’épargne en France et en régions » sonde les Français sur leurs habitudes et projets. Réalisé par l’Ifop pour le compte d’Altaprofits, cette enquête s’est notamment penchée cette année sur l’appel à l’épargne lancé par le gouvernement pour soutenir l’effort de défense national.

Pour mémoire, Bpifrance va lancer un fonds dédié accessible dès 500 euros et l’exécutif a invité les banques et les assureurs à créer d’autres produits du même type que ce soit via des comptes-titres ou des contrats d’assurance vie.

Reste à savoir si les épargnants joueront le jeu dans un pays où les livrets sécurisés et les fonds en euros sont rois.

Un intérêt manifeste…

Le baromètre publié cette semaine tend à montrer un certain attrait, 29% des sondés se disant prêts à investir dans ces produits. Parmi les éléments encourageants, on peut aussi noter que ce sont les catégories les plus aisées (ayant a priori les meilleures capacités d’épargne) qui se déclarent intéressées.

On dénombre 44% de « oui » dans les foyers ayant plus de 2.500 euros de revenus mensuels par personne. La proportion de réponses positives est de la même façon élevée chez les cadres supérieurs (46%) et les retraités CSP+ (36%).

Les motivations apparaissent par ailleurs plutôt solides, la performance attendue n’étant pas le premier critère cité. Les sondés estiment avant tout que la contribution à la défense nationale est un devoir de citoyen (35%) et que le contexte international impose à chacun de réagir (22%). L’espérance de rendement occupe quant à elle la troisième marche du podium (21%).

… mais peu de certitudes

Les Français semblent donc bel et bien prêts à accompagner les PME du secteur. Il convient toutefois de garder une certaine mesure à la lecture de ces données.

En matière d’épargne, il y a bien souvent un écart entre les déclarations d’intention et les passages à l’acte, l’engagement de ses propres deniers pouvant faire hésiter au moment de sauter le pas.

Une autre partie de l’étude incite d’ailleurs à la prudence. Si d’une manière générale 29% des répondants se disent susceptibles d’investir, ils ne sont que 5% à répondre « oui certainement », le « oui probablement » étant ici largement dominant avec 24% des réponses.

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