Épargne salariale : vers un déblocage de 2 000 euros pour les revenus modestes

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Le gouvernement envisage de permettre aux salariés modestes de retirer jusqu'à 2 000 euros de leur épargne salariale sans impôt dès 2026. Une mesure destinée à soutenir immédiatement le pouvoir d'achat.

Par Le Revenu
Publié le 06/01/2026 à 18h37
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Épargne salariale : vers un déblocage de 2 000 euros pour les revenus modestes
(©AdobeStock)

C’est une piste sérieuse étudiée par Bercy. Le ministère de l’Économie souhaite offrir plus de souplesse aux détenteurs d’un Plan d’épargne entreprise (PEE). Si le projet aboutit, certains épargnants pourront piocher dans leur intéressement sans attendre les délais habituels ni passer par la case impôts.

Un retrait net d’impôt dès 2026

L’idée est simple : redonner la main aux salariés sur leur argent. Concrètement, le dispositif permettrait de débloquer jusqu’à 2 000 euros issus de l’intéressement. Cette somme, normalement placée pour faire fructifier l’épargne à moyen terme, deviendrait disponible immédiatement.

Le point fort de la mesure réside dans sa fiscalité. Ce retrait serait totalement exonéré d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux (CSG/CRDS) resteraient dus, comme c’est déjà le cas pour les revenus du patrimoine. Une différence de taille pour le portefeuille des ménages concernés, qui pourraient ainsi disposer de liquidités nettes sans pénalité fiscale.

Cibler les salariés modestes pour relancer la consommation

Pourquoi une telle mesure maintenant ? L’exécutif cherche des leviers pour stimuler la demande intérieure. L’argent dormant sur les PEE ne circule pas dans l’économie réelle à court terme. En autorisant ce déblocage partiel, le gouvernement espère que ces sommes seront réinjectées directement dans la consommation courante.

Le ciblage est précis. Contrairement aux déblocages exceptionnels ouverts à tous par le passé, cette facilité concernerait spécifiquement les salariés modestes. Les critères exacts de revenus (plafonds, quotient familial) restent à définir dans les textes officiels. Il s’agit d’aider ceux qui ont une propension à consommer plus forte que les épargnants aisés, qui ont tendance à thésauriser.

Assouplir la règle des cinq ans

Pour rappel, les sommes versées sur un PEE au titre de la participation ou de l’intéressement sont en principe bloquées pendant cinq ans. Bien sûr, des cas de déblocage anticipé existent déjà : mariage, naissance du troisième enfant, achat de la résidence principale ou encore rupture du contrat de travail.

Ici, la logique change. Il ne s’agit plus de répondre à un accident de la vie ou à un projet immobilier, mais de fluidifier l’épargne au quotidien. Si cette réforme entre en vigueur en 2026, elle marquera une étape supplémentaire dans la transformation de l’épargne salariale, souvent jugée trop rigide par les bénéficiaires. Reste à voir si les gestionnaires d’actifs verront d’un bon œil cette sortie potentielle de capitaux.

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