Pourquoi le bitcoin ne suit pas le cours de l’or

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Régulièrement présenté comme un « or numérique », le bitcoin partage certaines caractéristiques avec le métal jaune, comme la rareté ou l’absence de rendement. Mais l’évolution récente de leurs cours révèle des réactions opposées face aux chocs économiques, soulignant les limites de cette analogie souvent reprise sur les marchés financiers.

Par Arthur Teo
Publié le 16/12/2025 à 08h02 | mis à jour le 19/12/2025 à 12h30

Pourquoi le bitcoin ne suit pas le cours de l’or
(© Adobestock)

Alors que le métal jaune atteint des sommets, le bitcoin a connu un mois d’octobre “noir”. Du fait de sa forte volatilité, l’or numérique n’est pas (encore) une valeur refuge.

« C’est doré comme l’alcool, son nom sonne comme un nom d’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool. » Ce slogan mythique d’une publicité des années 1980 pour un soda, pourrait tout à fait convenir au bitcoin. En effet, ce cryptoactif présente des caractéristiques comparables à celles de l’or.

C’est la raison pour laquelle, il est régulièrement comparé à de l’or numérique. Ainsi, tout comme le métal jaune, il a de la valeur uniquement parce que les investisseurs pensent qu’il en a. Autres points communs avec l’or physique, il ne rapporte pas de dividendes et d’intérêts – et donc il est sensible à l’évolution des taux d’intérêt fixés par la banque centrale américaine, la Fed – et sa production est limitée dans le temps.

Le bitcoin présente, en outre, un avantage par rapport à l’or physique : il peut être aisément stocké, sécurisé et n’est pas facilement confiscable.

Le flash crash d’octobre

Mais dans les faits, en comparant l’évolution des cours de l’once d’or et du bitcoin, cette analogie est loin d’être concluante. Ainsi, dans un contexte de tensions économiques avec la mise en place, par le président Donald Trump, de droits de douane substantiels et d’incertitudes géopolitiques du fait d’un regain de divergences entre la Chine et les États-Unis, entre l’Europe et la Russie, associées aux difficultés d’obtenir un processus de paix entre l’Ukraine et la Russie, l’or a joué pleinement son rôle de valeur refuge, affichant, entre le 1er août et le 27 octobre 2025, une progression de sa valeur de 25 %, dépassant allègrement le seuil de 4.000 euros l’once pour atteindre un plus-haut à 4.381 euros.

En revanche, sur la même période, le prix du bitcoin a baissé de 4 %, avec une chute de 14 % entre le 7 et le 20 octobre 2025. Aussi, quelles sont les raisons qui expliquent les différences de comportement des investisseurs vis-à-vis de l’or physique et de l’or numérique ?

Pas de soutien des banques centrales

« À la différence du métal jaune, le bitcoin continue d’être jugé par les investisseurs comme un actif financier risqué et extrêmement volatil, souligne Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.

Aussi, quand la conjoncture économico-financière se dégrade, les sociétés de gestion, les fonds d’investissement ont tendance à vendre leurs actifs les plus risqués et notamment leurs cryptomonnaies. Avec, parfois, une chute significative des cours du fait des liquidations en cascade de produits sur cryptos a fort effet de levier. » Une analyse qui explique le flash crash d’octobre du bitcoin qui a vu sa capitalisation fondre de 110 milliards de dollars.

De plus, avec une capitalisation actuelle de 2.200 milliards de dollars, le bitcoin fait encore figure de Petit Poucet par rapport à celle l’or qui est onze fois plus importante. La cryptomonnaie est donc exposée à de plus fortes fluctuations.

Enfin, le cours de l’or physique est porté par le soutien franc et massif de certaines banques centrales qui achètent régulièrement de l’or. Selon les données publiées par le World Gold Council (WGC), parmi les pays les plus actifs, la Pologne a acquis 67,1 tonnes d’or depuis le début de l’année, le Kazakhstan 32,4 tonnes, la Chine 22,7 tonnes et la Turquie 21,4 tonnes.

Ce qui n’est pas le cas du bitcoin qui n’a pas ce statut de réserve stratégique, au grand dam du président Donald Trump, qui compte bien au cours de son mandat faire changer les lignes et bousculer les habitudes.

Les cryptos en bref

Méga alliance bancaire

Dix banques, des européennes (BNP Paribas, Deutsche Bank, Santander…), des américaines (Bank of America, Goldman Sachs, Citi), une canadienne (TD Bank) et une japonaise (MUFG) unissent leurs efforts pour émettre un stablecoin en dollar.

Milliardaire à 27 ans

Shayne Coplan, est le fondateur de Polymarket, plateforme de paris en ligne sur la blockchain. L’Intercontinental Exchange, propriétaire de la Bourse de New York, a acquis 25 % du capital de Polymarket pour 2 milliards de dollars.

Grâce présidentielle

Le fondateur de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Binance, Changpeng Zhao, condamné en avril 2024 pour blanchiment, a été gracié par le président Donald Trump.

Bitcoin et ether comme garantie pour des prêts

JPMorgan va accepter que le bitcoin et l’ether servent de garantie pour accorder des prêts à ses clients institutionnels. Un revirement à 180 degrés, pour cette banque, dont le PDG, Jamie Dimon, avait qualifié le bitcoin de fraude, en 2017.

Témoignage

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“Nous fournissons aux institutions financières un accès sécurisé et conforme, au marché des cryptomonnaies"

“Le groupe Boerse Stuttgart s’est démarqué des autres Bourses européennes en lançant, dès 2019, Bison App, une plateforme d’échange de crypto-monnaies conçue pour les investisseurs privés.

Fort de cette expérience et en nous appuyant sur notre savoir-faire en tant qu’acteur financier institutionnel, nous proposons désormais aux banques, courtiers et gestionnaires d’actifs, des solutions entièrement réglementées et conformes à MiCA pour leur permettre de lancer leurs propres offres en cryptomonnaies, afin de répondre à la demande croissante de leurs clients.

Il faut dire que les banques traditionnelles européennes ont pris du retard par rapport aux néobanques, qui ont intégré très tôt des offres cryptos. Toutefois, la réglementation MiCA et la forte implication de grands acteurs américains, comme BlackRock, ont favorisé une prise de conscience croissante en Europe. Et qui se matérialise aujourd’hui par de nombreuses annonces récentes des banques européennes dans ce domaine.

D’ores et déjà, le groupe Boerse Stuttgart a conclu plusieurs partenariats durables avec des banques allemandes telles que DZ Bank et DekaBank, mais aussi avec des établissements bancaires en France (Société Générale) et en Italie (Intesa SanPaolo).”

Chiffre Clés

127.271 : C’est le nombre de bitcoins saisi par les autorités américaines après les accusations de fraude à l’encontre du conglomérat cambodgien Prince.

107.755 € : C’est le cours le plus-haut atteint par le bitcoin au cours du mois d’octobre 2025.

69,5 millions de dollars : C’est le montant des souscriptions nettes obtenu lors de la première journée de cotation, le 27 octobre 2025, d’un ETF Solana, lancé par le gestionnaire de cryptoactifs Bitwise.

3,3 millions : Telle est la quantité d’ethers détenue par la société BitMine Immersion, soit 2,8 % du nombre d’éthers en circulation.

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