Mutuelles santé : une hausse de tarifs modérée mais inévitable en 2025

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Les mutuelles à statut mutualiste augmentent leurs tarifs de 4,3% sur les contrats individuels et 4,7% sur les contrats d'entreprise en 2025, annonce la Mutualité Française.

Par Le Revenu
Publié le 17/12/2025 à 11h52

Mutuelles santé : une hausse de tarifs modérée mais inévitable en 2025
(©AdobeStock)

La Fédération nationale de la mutualité française a dévoilé mardi les chiffres attendus. Les complémentaires santé à statut mutualiste relèvent leurs cotisations de 4,3% pour les contrats individuels et de 4,7% pour les contrats d’entreprise. La hausse reste inférieure aux années précédentes, mais demeure nettement supérieure aux niveaux d’avant la crise sanitaire.

Cette augmentation s’inscrit dans une trajectoire observée depuis quinze ans. Entre 2013 et 2020, les dépenses de santé progressaient de 1,8% par an en moyenne. Depuis 2020, l’accélération est brutale : +4,4% par an, soit un bond de 22% en cinq ans. Le vieillissement de la population, l’essor des maladies chroniques et les innovations médicales expliquent cette dynamique structurelle.

Un modèle contraint par l’équilibre budgétaire

Contrairement à la Sécurité sociale, les mutuelles ne peuvent pas s’endetter. Elles ajustent leurs cotisations au plus près des dépenses à couvrir, sous la surveillance d’élus et dans le respect de règles prudentielles strictes. Depuis 2019, les dépenses de santé ont grimpé de près de 75 milliards d’euros. Entre 2011 et 2024, l’écart entre l’évolution des cotisations et celle des prestations versées n’a été que de 0,3%.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ajoute une pression supplémentaire. Le texte prévoit un transfert de 400 millions d’euros sur le champ hospitalier et 600 millions d’euros sur les indemnités journalières. Une nouvelle taxe d’un milliard d’euros sur les contrats de complémentaire santé a été réintégrée au PLFSS, malgré son rejet initial par les députés.

Les leviers pour contenir la spirale des coûts

Eric Chenut, président de la Mutualité Française, pointe un « déni collectif ». Sur RTL le 16 décembre, il alertait : « Nos dépenses de santé augmentent de plus de 4% par an alors que la richesse nationale évolue de 1% par an ». Pour inverser la tendance, plusieurs pistes existent : améliorer l’efficience du système de santé, renforcer la prévention, lutter contre la fraude et réduire les actes inutiles. La Mutualité Française appelle à un débat collectif dans le cadre des États généraux de la santé et de la protection sociale, à l’occasion des 80 ans de la Sécurité sociale.

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