L’étude publiée aujourd’hui par la direction générale du Trésor sur l’épargne financière des ménages confirme une constante française. Avec près de 6 600 milliards d’euros accumulés, les ménages continuent de fuir le risque.
Deux tiers de cette épargne restent cantonnés aux dépôts, aux livrets réglementés et à l’assurance-vie en produits garantis. À peine un tiers finance, directement ou indirectement, les entreprises via les actions ou les obligations.
Cette préférence pour la sécurité n’a rien d’un accident. Elle est le produit d’un pays qui valorise la liquidité, redoute l’instabilité et doute de la constance des règles économiques et fiscales.
Épargner en France, c’est d’abord se protéger. Faute de fonds de pension puissants et de visibilité de long terme, l’épargne se replie sur le court terme et la garantie, quitte à sacrifier le rendement et la croissance.
Le Trésor observe pourtant un frémissement. Les jeunes générations se montrent plus ouvertes aux marchés financiers. En 2024, près de six jeunes sur dix âgés de 18 à 24 ans estimaient intéressant d’investir en Bourse. Une évolution réelle, mais encore marginale à l’échelle des masses financières en jeu.
Le paradoxe est désormais bien installé. La France n’a jamais autant épargné, avec un taux proche de 19 %, mais elle continue d’investir à reculons. Tant que l’épargne restera un refuge plutôt qu’un levier, l’économie française avancera frein à main serré.