L’Europe se rêvait en championne du climat. Elle risque de se réveiller en désert industriel.
Le constat est cruel, mais nécessaire : la marche forcée vers les énergies renouvelables, menée tambour battant par Bruxelles, présente une facture que nos économies ne parviennent plus à honorer.
Certes, les émissions baissent. On peut s’en féliciter. Mais le coût de cette vertu est exorbitant. L’électricité sur le Vieux Continent est devenue un produit de luxe, affichant des tarifs parmi les plus élevés du monde développé.
Pour nos industriels, l’équation est intenable. La compétitivité ne se décrète pas, elle se paie. Et aujourd’hui, elle se paie trop cher.
Le consensus politique, jadis monolithique, se fissure enfin.
L’idéalisme vert se heurte violemment au mur de la réalité comptable. De grands projets sont reportés, les investissements se figent.
Pendant que nous nous drapons dans notre pureté écologique, nos concurrents mondiaux ramassent la mise.
Pour l’épargnant, la prudence s’impose sur les valeurs industrielles trop exposées à cette dérive des coûts.
Il est urgent de remettre de la rationalité dans notre mix énergétique. Faute de quoi, l’Europe réussira l’exploit d’être le continent le plus propre… et le plus pauvre.