Le marché de l’art ralentit pour la deuxième année consécutive. Tous réseaux de distribution confondus (galeries et ventes aux enchères), le produit global des ventes d’œuvres d’art diminue de 12% pour s’établir à 57,5 milliards de dollars en 2024, contre 65 milliards en 2023, un chiffre déjà en baisse de 4% sur un an, selon le dernier rapport Art Basel et UBS. Les ventes aux enchères accusent le coup avec une chute spectaculaire de 25%, à 19 milliards de dollars.
Résultat : le segment ultra-premium, moteur traditionnel des enchères, s’essouffle nettement, accentuant la contraction des ventes au niveau mondial amorcée en 2023.
Le marché change de visage
Si le nombre de ventes de «high lots» (les œuvres à très forte valeur) diminue, celui des œuvres estimées moins de 50.000 dollars augmentent, et plus encore pour celles estimées moins de 5.000 dollars. La fréquentation des derniers salons d’art, notamment en France, le confirme. Il y a toujours un intérêt, mais le budget que l’on y consacre évolue, même pour les ventes aux enchères.
Le visage du marché change, tant en raison du profil des acheteurs (ils rajeunissent) que du budget qu’ils y consacrent. «Dans le segment inférieur du marché, c’est l’enthousiasme : les œuvres de moins de 5.000 dollars enregistrent une croissance en valeur de 7% et le nombre de lots est en hausse de 13%», indique le rapport Art Basel et UBS qui constate davantage d’œuvres en circulation, des prix plus abordables et un marché résilient dans les segments intermédiaires.
Une année 2025 encore incertaine
Bien que les œuvres d’art ne soient pas concernées pour l’instant, rien n’assure qu’il en sera de même dans les prochains mois.