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PATRIMOINE À LA LOUPE

Patrimoine à la loupe : quelles sont les bonnes décisions à prendre pour préparer sa retraite ?

Christophe et Pascale, cadre dirigeant et biologiste

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Christophe et Pascale doivent mettre leur patrimoine au service de leur nouvelle vie, alléger l’immobilier et renforcer l’assurance vie, un placement moins taxé et plus facile à gérer quand l’âge avance.


Par Christian Fontaine
Publié le 13/09/2025 à 07h00 | mis à jour le 15/09/2025 à 16h09

Christophe a fêté ses 60 ans le 15 juin, le jour de la fête des pères. Un symbole pour cet homme très attaché à sa famille. Au menu des réjouissances, un bavarois géant et des cadeaux comme s’il en pleuvait : montre de luxe, drone de compétition (« pour surveiller la toiture ») et œuvre d’art (un tableau de l’artiste polonais Popczyk).

Cadre dirigeant dans une fondation reconnue d’utilité publique, il maîtrise les deux métiers du « charity-busines » : la collecte de fonds et le financement de projets. Biologiste, Pascale, 62 ans, travaille dans un laboratoire sur de nouveaux traitements pour les « enfants bulle » immunodéprimés. Marié depuis plus de trente ans, le couple a deux enfants financièrement indépendants et trois petits-enfants.

Chargé des finances au sein du couple, Christophe a contacté Le Revenu pour que nous l’aidions à mettre son patrimoine au service de leur retraite toute proche. Confiant dans l’avenir, le couple n’a pas d’inquiétude particulière, mais il est un peu perdu face à l’offre de placements. L’envolée de l’or et du bitcoin les interpelle aussi. « On a un peu l’impression de regarder les trains passer. On se dit qu’il faudrait y aller, mais on repousse toujours au lendemain la décision d’investir. »

Pour apporter des réponses personnalisées à leurs problématiques patrimoniales, nous avons analysé leurs revenus, dépenses, actifs et dettes.

Conclusion : ils ont les moyens de leurs ambitions. Mais des décisions doivent être prises. Vite.

Sans surprise pour des abonnés de longue date au Revenu, ils sont propriétaires de leur résidence principale, un joli cinq-pièces en banlieue parisienne. Ils détiennent aussi un deux-pièces à Orléans, acheté en Robien pour défiscaliser, et une maison de famille en Bourgogne, près de Beaune. Ils aiment s’y rendre le week-end pour décompresser et faire du vélo.

Les placements financiers se composent classiquement de livrets bancaires, d’épargne logement, de deux plans d’épargne en actions (PEA) et de comptes-titres. L’absence d’assurance vie étonne. Renseignement pris, le couple avait un contrat en début d’année, mais il l’a clôturé avant l’été pour financer l’achat d’une voiture neuve. Nous allons y revenir.

Les comptes de Christophe et de Pascale

  • Salaires (Christophe) : 58.500 €
  • Salaires (Pascale) : 57.200 €
  • Loyers : 7.750 €
  • Total : 123.450 €
  • Dépenses courantes : 85.478 €
  • Impôt sur le revenu (2) : 17.524 €
  • Impôts locaux : 5.251 €
  • CSG : 1.000 €
  • Total : 109.253 €
  • Résidence principale (3) : 1.000.000 €
  • Résidence secondaire : 400.000 €
  • Immobilier locatif : 155.000 €
  • Comptes courants : 21.547 €
  • 2 Livrets A : 26.985 €
  • CEL : 19.854 €
  • 2 comptes-titres : 157.849 €
  • 2 PEA : 298.654 €
  • FCPI-FIP : 22.547 €
  • Total : 2.102.436 €

(1) Données annuelles. (2) Après réductions d’impôt. (3) Après abattement de 30 % sur la résidence principale, le couple demeure hors IFI.

Préconisation n° 1 : vendre le deux-pièces acheté en Robien

Le plus urgent est de se séparer du bien locatif. Inférieure à 2 %, la rentabilité nette de charges, d’impôts et de prélèvements sociaux n’est pas compétitive dans le contexte actuel de taux d’intérêt. Le produit de la cession devrait être réinvesti dans un contrat vie primé par Le Revenu. Plus souple, moins chronophage et moins taxée sur les revenus et en cas de succession, l’assurance vie est mieux adaptée à leurs besoins patrimoniaux que l’investissement locatif.

Nous aimons l’immobilier à crédit pour s’enrichir en partant de rien. Mais après 60 ans, quand les impôts augmentent trop parce que vous n’avez plus ni intérêts d’emprunt ni travaux à déduire de vos impôts, il faut savoir réduire la voilure. Christophe convaincu par nos arguments, envisage de mettre son appartement en vente.

Préconisation n° 2 : conduire une réflexion sur le PEA

La gestion boursière aussi devrait être optimisée. Une réflexion de fond doit être menée sur la meilleure enveloppe fiscale pour investir en actions. Le plan d’épargne en actions permet de ne payer « que » 17,2 % de prélèvements sociaux sur les dividendes et les plus-values après cinq ans de détention.

Mais il a un gros défaut : en cas de décès, les prélèvements sociaux sont dus sur les plus- values latentes, ce qui peut représenter une ponction de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Alors que les valeurs qui figurent sur un compte-titres ordinaire sont transmises aux héritiers en exonération de prélèvements sociaux. Une différence de taille qu’il convient d’intégrer.

La composition des portefeuilles aussi devrait être revue. Détenir les mêmes valeurs dans les PEA et dans les comptes-titres n’est pas optimal en matière de diversification. En outre, le poids des Bourses étrangères (moins de 10%) est trop faible. Deux fois plus rentables que les actions européennes, les actions américaines représentent 70% de la capitalisation boursière des pays développés. Y consacrer au moins 30% de leur portefeuille semble un minimum dans la conjoncture actuelle.

Le plus simple est d’acheter un ETF (fonds indiciel coté) qui réplique la performance de l’indice S&P 500.

Préconisation n° 3 : préparer la transmission

À 60 et 62 ans, impossible de faire l’impasse sur la préparation de la succession. Le sujet est à forts enjeux familiaux et financiers ; ils doivent oser l’aborder. Le testament permet d’organiser de son vivant la répartition de ses biens. Il demeure indispensable. L’assurance vie qui échappe le plus souvent à toute taxation au décès de l’assuré (versements avant 70 ans) reste aussi incontournable.

Doivent-ils transmettre dès aujourd’hui une partie de ses biens à leurs enfants ? La question se pose. Ils en ont largement les moyens et, sur le plan fiscal, l’opération serait très intéressante. On rappelle que chaque parent peut transmettre hors impôts 100.000 euros à chaque enfant tous les quinze ans plus 31.865 euros sous la forme de dons de somme d’argent (donateur de moins de 80 ans et donataire âgé de 18 ans ou plus).

En faisant le plein des abattements, légaux, ils les aideraient à s’installer dans la vie et réduiraient de plus de 100.000 euros les droits de succession dus par ces derniers le moment venu… Le passage devant notaire n’est pas obligatoire (sauf pour les donations de biens immobiliers), mais fortement conseillé pour des montants élevés. Christophe et Pascale sont d’autant plus sensibles à nos arguments qu’ils ont, eux-mêmes, profité de donations de leurs parents dans le passé.

Le couple remercie Le Revenu pour la qualité de ses recommandations.


Les leçons à tirer de cette étude de patrimoine

  • L’immobilier à crédit constitue un excellent actif pour se bâtir un patrimoine, mais quand les impôts augmentent trop, il faut savoir vendre et investir dans des placements moins taxés.
  • Un couple de moins de 80 ans avec deux enfants majeurs peut transmettre sans impôts tous les quinze ans 527.460 euros en cumulant les abattements légaux (articles 790 G et 757 du Code général des impôts).

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