Succession Brigitte Bardot : comment sa fondation va hériter de l’essentiel

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Brigitte Bardot est décédée le 28 décembre 2025. Qui va hériter de sa fortune ? Son fils unique ou sa fondation animaliste ? Voici ce qui est possible selon le droit français.

Par Le Revenu
Publié le 29/12/2025 à 15h05 | mis à jour le 31/12/2025 à 09h48

Succession Brigitte Bardot : comment sa fondation va hériter de l’essentiel
Saint-Tropez.(©AdobeStock)

Brigitte Bardot s’est éteinte le 28 décembre 2025 à 91 ans, dans sa maison mythique de La Madrague à Saint-Tropez. Sa succession fait déjà l’objet de nombreuses spéculations, entre son fils unique et sa fondation dédiée à la cause animale.

Le droit français, lui, ne spécule pas : il encadre strictement ce qui pourra être transmis à chacun, en imposant une part minimale pour l’héritier réservataire et en offrant un régime très favorable aux fondations reconnues d’utilité publique. Le cas Bardot s’annonce donc comme un futur cas d’école pour comprendre comment organiser une transmission entre héritage familial et engagement philanthropique.

Une star, un fils et une fondation

Brigitte Bardot, icône du cinéma français des années 1950-1960, a mis fin à sa carrière d’actrice en 1973 pour se consacrer à la défense animale. Elle a créé en 1986 la Fondation Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux, une structure devenue centrale dans son image publique et dans la perception de son patrimoine futur. Côté famille, elle a un seul enfant, Nicolas‑Jacques Charrier, né en 1960, qui demeure juridiquement son unique héritier réservataire en l’absence d’autres descendants.

La question posée aujourd’hui est simple : comment se partageront les biens de Brigitte Bardot entre son fils et sa fondation ? Les médias évoquent déjà un scénario dans lequel une partie significative de sa fortune serait consacrée à la poursuite de ses combats animalistes, tout en laissant une part d’héritage à son fils et, éventuellement, à quelques proches. Ce schéma reste compatible avec le droit français, à condition de respecter les règles de réserve héréditaire et de quotité disponible.

Ce que le droit impose à Brigitte Bardot

En France, la succession ne se règle pas uniquement selon la volonté du défunt, mais d’abord selon un cadre légal impératif. Lorsque le défunt laisse un enfant unique, celui‑ci bénéficie d’une réserve héréditaire égale à la moitié du patrimoine net, l’autre moitié constituant la quotité disponible dont le défunt peut disposer librement par donations ou testament. Autrement dit, même si Brigitte Bardot souhaitait léguer la totalité de ses biens à sa fondation, la loi impose qu’au moins 50% reviennent à son fils Nicolas.

Concrètement, si l’on suppose – à titre illustratif – un patrimoine net de 4 millions d’euros au décès, 2 millions constitueraient la réserve héréditaire de son fils, tandis que les 2 millions de quotité disponible pourraient être transmis à la fondation ou à d’autres bénéficiaires désignés. Ce mécanisme est automatique : à défaut de dispositions particulières, Nicolas recueillerait la totalité de la succession ; mais en présence d’un testament ou de donations orientant la quotité disponible vers la fondation, le partage se ferait mécaniquement selon ces proportions.

La fondation Bardot, candidate naturelle à la quotité disponible

Nos articles consacrés à la transmission rappellent que la loi française offre un régime de faveur aux legs consentis à certaines structures, dont les fondations et associations reconnues d’utilité publique. Ces organismes peuvent, sous conditions, recevoir des dons et legs en exonération totale de droits de mutation, alors que les héritiers familiaux sont soumis à un barème progressif pouvant atteindre 45% en ligne directe et 60% en l’absence de lien de parenté proche.

Dans un schéma typique inspiré des cas étudiés par Le Revenu, Brigitte Bardot a pu donc affecter l’intégralité de sa quotité disponible à sa fondation, sans que celle‑ci ne supporte de droits de succession. Chaque euro attribué à la fondation serait ainsi pleinement utilisé pour financer ses actions en faveur des animaux, là où un legs équivalent à un héritier éloigné serait lourdement taxé. Ce type de montage permet d’allier respect de la réserve héréditaire et optimisation fiscale au profit d’une cause d’intérêt général.

Un scénario possible de répartition

En suivant la logique souvent recommandée par Le Revenu – anticiper, utiliser la quotité disponible et tirer parti des exonérations pour les organismes d’utilité publique –, la succession pourrait s’articuler autour de trois blocs.

  • D’abord, la part réservataire de son fils, soit la moitié du patrimoine net, qui lui reviendrait de plein droit, quitte à faire l’objet d’aménagements via des donations antérieures ou des démembrements de propriété étudiés avec un notaire.
  • Ensuite, la quotité disponible, susceptible d’être léguée à la Fondation Brigitte Bardot afin de pérenniser les actions de protection animale qui ont occupé les quarante dernières années de la vie de l’ancienne actrice.
  • Enfin, certains actifs spécifiques – comme la maison emblématique de La Madrague – pourraient faire l’objet d’un traitement particulier, par exemple via un démembrement ou une affectation partagée entre héritier et fondation, en fonction de la valeur, des charges éventuelles et de la volonté de préserver un symbole.

À ce stade, rien n’indique publiquement que Brigitte Bardot ait rendu ces choix officiels dans un testament publié, et les montants exacts de sa fortune restent estimés plutôt que certifiés. Mais la combinaison réserve héréditaire et legs à une fondation d’utilité publique demeure, juridiquement et fiscalement, le scénario le plus logique pour concilier héritage familial et fidélité à ses engagements.

Une leçon pour les lecteurs de Le Revenu

Les dossiers de Le Revenu insistent sur un point : dans un contexte de possibles réformes de la fiscalité successorale, mieux vaut prendre les devants et structurer sa transmission tant que les dispositifs d’abattements et d’exonérations sont encore en place. Le cas Bardot illustre parfaitement cet enjeu, en montrant qu’il est possible d’orienter une partie de son patrimoine vers une fondation, tout en respectant strictement les droits des héritiers réservataires.

Pour un lecteur disposant d’un patrimoine significatif et souhaitant concilier transmission familiale et soutien à une cause – qu’il s’agisse de protection animale, de recherche médicale ou de solidarité – la méthode est toujours la même : identifier sa réserve, choisir l’affectation de la quotité disponible, et formaliser le tout par testament ou donations encadrées par un notaire.

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