Pour réduire vos impôts dus en 2026, vous devez impérativement agir avant la fin de l’année. Panorama des dispositifs de défiscalisation les plus efficaces dans le contexte actuel si particulier sur le plan budgétaire.
Comme l’an passé, le chaos politique ambiant risque de retarder le vote de la loi de finances, prévu en décembre.
Et comme cette année, les contribuables devront probablement patienter jusqu’en janvier ou février prochain pour savoir si leurs impôts augmenteront en 2026.
Mieux vaut prévoir le pire et agir en conséquence. Loi de finances tardive ou pas, vous réduirez drastiquement la facture si vous épargnez pour votre retraite, rénovez un bien loué ou investissez dans une PME d’ici le 31 décembre.
1) Alimenter un plan d’épargne retraite (PER)
Le plan d’épargne retraite (PER)
connaît un franc succès depuis son lancement il y a six ans. Près de 5 millions d’épargnants en ont déjà souscrit un à titre individuel, et 7 millions de salariés en détiennent un au sein de leur entreprise.
Ce produit permet de se constituer un complément de revenus récupérable en capital ou en rente viagère à la retraite.
Mais, il est aussi possible de remettre la main sur ses fonds en cas de déblocage anticipé pour accident de la vie (décès, invalidité, surendettement, etc.) ou achat de sa résidence principale.
Une épargne déductible. Selon les professionnels, cet essor doit beaucoup aux économies d’impôt que le PER permet de réaliser. L’épargne investie est déductible des revenus imposables de votre foyer fiscal dans certaines limites proportionnelles à votre salaire, ce qui vous procure des baisses d’impôt au prorata de votre taux d’imposition.
En clair, le PER est d’autant plus défiscalisant que vous gagnez bien votre vie et êtes lourdement imposé (tranches élevées). Consultez votre avis d’imposition reçu cet été, il précise votre plafond de déduction pour 2025.
Vous disposez d’une enveloppe de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros, pour faire fondre vos impôts en 2026, si vous avez un salaire important ou si vous n’avez pas encore commencé à épargner pour vos vieux jours.
Un capital pour vos proches. Les sommes que vous récupérerez à la retraite seront taxées en totalité si vous avez défiscalisé vos versements pendant la phase d’épargne.
Le fisc vous imposera sur les gains produits par le plan, mais aussi sur la part de votre capital ou de votre rente correspondant aux versements déduits. Il récupérera ainsi à la sortie une partie des baisses d’impôt obtenues à l’entrée, voire la totalité si votre taux d’imposition reste élevé. Dans ce cas, vous aurez intérêt à ne pas dénouer votre PER à la retraite, mais à le conserver pour le transmettre à vos proches.
À condition, évidemment, d’avoir prévu une solution de repli pour compléter votre pension et maintenir votre niveau de vie ! Vous éviterez alors tout rattrapage fiscal, car les économies d’impôt réalisées de votre vivant ne seront pas reprises sur le capital transmis à votre décès.
En outre, vos proches seront totalement ou partiellement exonérés d’impôt sur ce capital, sauf si vous avez souscrit un PER bancaire.
Pensez-y ! Vous conserverez aussi les gains fiscaux réalisés en phase d’épargne en débloquant votre PER par anticipation pour accident de la vie ; vous ne paierez que les prélèvements sociaux sur les gains produits par le plan. En revanche, vous les perdrez en le débloquant pour acquérir votre logement ; le capital récupéré sera taxé dans les mêmes conditions que celui perçu à la retraite.
2) Réaliser des travaux dans un bien locatif
Entretenir régulièrement votre patrimoine locatif est indispensable pour pouvoir le louer – et le vendre à terme – au meilleur prix.
Désormais, c’est aussi une obligation si vous possédez un logement dont le
diagnostic de performance énergétique (DPE)
affiche la lettre E, F ou G, car les passoires thermiques sont progressivement exclues du marché locatif depuis 2023.
Certes, les travaux coûtent cher, très cher même en cas de rénovation globale, mais le fisc en prendra une bonne partie à sa charge si vous êtes lourdement imposé.
Des travaux cofinancés. Les dépenses d’entretien, d’amélioration et de rénovation faites dans un logement loué non meublé sont déductibles sans limite de vos loyers (nets de charges) encaissés l’année de leur paiement.
Le déficit éventuellement constaté est également déductible de vos autres revenus perçus la même année (salaires, pensions, bénéfices, etc.) à hauteur de 10.700 euros, et de vos loyers des dix années suivantes en cas de déficit excédentaire.
Ces déductions permettent d’obtenir des baisses d’impôt proportionnelles à votre taux d’imposition, mais aussi d’alléger les prélèvements sociaux dus sur vos loyers.
Résultat, vous vous faites rembourser par le fisc une part de vos dépenses d’autant plus importante que vous êtes lourdement imposé. Pour 30.000 euros de travaux effectués dans un bien qui rapporte 10.000 euros par an, vous ferez une économie de 12.320 euros d’impôt et de prélèvement sociaux si vous êtes taxé dans la tranche marginale de 30 %, et 16.820 euros si vous l’êtes à 45 %. L’adminis-tration fiscale financera 41 % de vos travaux dans le premier cas, 56 % dans le second.
Un déficit foncier à optimiser. Il vaut mieux payer vos gros travaux en une fois qu’étaler leur règlement sur plusieurs années, afin d’augmenter la part de votre déficit foncier à imputer sur vos loyers.
Vous obtiendrez ainsi un plus gros remboursement car vous allégerez non seulement vos impôts mais aussi vos prélèvements sociaux.
Mieux vaut ne pas solliciter la « faveur » du fisc autorisant les bailleurs rénovant une passoire thermique à imputer 21.400 euros de déficit foncier sur leurs autres revenus de l’année.
Sauf cas très particuliers, ce coup de pouce vous procurera moins d’économies d’impôt que si vous vous contentez du déficit imputable ordinaire de 10.700 euros.
Pensez-y ! Si vos loyers de 2025 ne dépassent pas 15.000 euros, vous serez soumis au régime microfoncier en 2026 et vous bénéficierez d’un abattement pour charges de 30 %.
Pour déduire vos dépenses de travaux pour leur montant réel, vous devrez opter pour le régime d’imposition réel en remplissant une déclaration de revenus fonciers n° 2044 à joindre à votre déclaration de revenus n° 2042.
3 Investir dans une entreprise non cotée
Les Français investissent peu dans le capital des entreprises. Allergiques à la prise de risque, nous privilégions très majoritairement les supports liquides et sécurisés pour épargner.
Nos économies servent plus à alimenter nos comptes de dépôts à vue et nos Livrets A qu’à soutenir le développement de nos PME.
Pourtant, investir dans une entreprise non cotée peut s’avérer très rentable dans la durée (? lire aussi l’article pages 50 à 57). En outre, vous récupérez d’emblée une partie de votre mise de départ sous forme de réduction d’impôt.
PME, ESUS, SFS ou JEI. Au choix, vous pouvez souscrire au capital initial ou aux augmentations de capital d’une société non cotée ayant le statut de petite et moyenne entreprise (PME), d’entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus), de société foncière solidaire (SFS) ou de jeune entreprise innovante (JEI).
Son siège social doit être situé dans un État membre de l’Union européenne, en Norvège, en Islande ou au Liechtenstein, et elle doit respecter certains critères d’effectifs, de chiffre d’affaires et d’activité.
Jusqu’à 50 % de bonus. Vous obtiendrez une réduction d’impôt de 18 % si vous souscrivez des parts de PME, majorée à 25 % pour des parts d’Esus ou de SFS, à 30 % pour des parts de JEI, et à 50 % s’il s’agit d’une JEI qui a des grosses charges de recherche et développement (30 % au moins des dépenses).
Le bonus sera calculé sur la base de vos versements de l’année plafonnés à 50.000 euros (pour un célibataire) ou à 100.000 euros (pour un couple) pour vos participations dans des PME, Esus et / ou SFS. Votre plafond de versements est toutefois multiplié par 2 si vous investissez également dans une JEI en 2025 (100.000 € ÷ 200.000 €) et par 2,5 si vous choisissez une JEI très innovante (125.000 € ÷ 250.000 €).
Des versements à calibrer. Votre bonus s’imputera sur vos impôts de 2026 dans la limite de leur montant. Mieux vaut calibrer vos versements en conséquence car la réduction d’impôt excédentaire sera perdue, elle ne vous sera pas remboursée.
En revanche, si vous dépassez le plafond global de versements prévu pour les PME, Esus et SFS, l’excédent vous ouvrira droit à la réduction d’impôt au titre des quatre années suivantes (2027 à 2030). Par ailleurs, si vos réductions PME, Esus et /ou SFS dépassent le plafonnement des niches fiscales de 10.000 euros, l’excédent sera imputable sur vos impôts des cinq années suivantes (2027 à 2031).
La règle est différente si vos investissements se portent sur une JEI. Ne dépassez surtout pas le plafond ouvrant droit à la réduction, car vos versements excédentaires ne seront pas reportables sur les années suivantes.
Vous pouvez, en revanche, cumuler ce bonus avec le précédent car il n’est pas soumis au plafonnement de 10.000 euros par an, mais à un plafond spécifique de 50.000 euros sur cinq ans.
Des précautions indispensables. Investir dans une société non cotée est une solution périlleuse pour réduire vos impôts, en particulier si vous soutenez une entreprise de l’économie sociale et solidaire (secteur généralement peu rentable) ou une start-up spécialisée dans l’innovation (secteur enregistrant des défaillances en nombre).
Il est vivement recommandé de faire appel à un conseil en investissements financiers spécialisé dans ce type d’actifs pour guider vos choix, faute de quoi vous risquez de perdre beaucoup plus que les économies d’impôt obtenues.
L’alternative à l’investissement en direct consiste à souscrire des parts de fonds collectifs d’investissement spécialisés dans le non coté. Vous pourrez accéder ainsi à un portefeuille de jeunes PME sélectionnées par des professionnels pour leur potentiel de croissance.
Certains de ces fonds, les Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) et les Fonds d’investissement de proximité (FIP) ouvrent également droit à une réduction d’impôt de 18, 25 ou 30 %.
Mais là encore, restez vigilant, car ces outils de défiscalisation investis majoritairement dans l’innovation ou l’économie locale (en Corse ou en outre-mer) sont très rarement performants.
Pensez-y ! Les actions de sociétés ouvrant droit à une réduction d’impôt ne peuvent pas être hébergées dans un plan d’épargne en actions (PEA), un plan d’épargne avenir climat (PEAC), un compte PME innovation, un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne retraite (PER). Ces produits doivent être inscrits sur un compte-titres ordinaire (CTO).