Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre en septembre 2025, a dévoilé, via son entourage, plusieurs pistes pour le budget 2026, oscillant entre mesures de soutien au pouvoir d’achat et nécessité de redresser les finances publiques. Son objectif est de ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026.
Les mesures en faveur du pouvoir d’achat
Le Premier ministre envisage plusieurs mesures destinées à soutenir les revenus du travail.
Il envisage une baisse de l’impôt sur le revenu pour les couples payés légèrement au-dessus du SMIC, avec l’objectif d’annuler l’éventuel impôt payé par ces couples pour les traiter fiscalement « comme s’ils étaient seuls ».
Cette mesure vise les couples dont chaque membre gagne légèrement plus que les 1 476 euros mensuels du SMIC.
Parmi les autres pistes figure le rétablissement de la prime de partage de la valeur, communément appelée « prime Macron ». Elle avait été mise en place à la suite du mouvement des Gilets jaunes. Cette prime peut être exonérée d’impôt et de cotisations sociales, pouvant atteindre 3 000 à 6 000 euros pour les salariés gagnant moins de trois SMIC.
Le gouvernement étudie également une défiscalisation et un allègement des charges sociales sur les heures supplémentaires, bien que ces dernières soient déjà exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros par an.
Les mesures en faveur de la transmission
Au rang des potentielles bonnes nouvelles, des mesures pour encourager la transmission intergénérationnelle seraient à l’étude, avec une fiscalité plus favorable.
En l’état actuel de la loi, il est possible pour les grands-parents d’effectuer un don défiscalisé de 100 000 euros pour l’achat d’une résidence principale dans les six mois ou pour des travaux de rénovation énergétique.
Hausse de la fiscalité sur les hauts revenus et le capital
Le Premier ministre a formellement écarté plusieurs propositions de la gauche, notamment la taxe Zucman sur les grandes fortunes et le retour de l’ISF. Il a également refusé la suspension de la réforme des retraites, considérant que cela « ne réglerait aucun des problèmes » posés et n’envisage pas de revenir en arrière sur la réforme des retraites. Des refus qui pourraient compliquer l’adoption du budget puisque le gouvernement aura vraisemblablement besoin d’une partie des votes de la gauche pour éviter la censure.
Sébastien Lecornu envisage tout de même plusieurs hausses d’impôts ciblées.
Il pourrait prolonger la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), cet impôt plancher de 20% pour les foyers les plus aisés, qui rapporterait environ 1,5 milliard d’euros.
Une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital est aussi à l’étude, avec une augmentation comprise entre 0,5 et 1 point qui pourrait rapporter jusqu’à 1,9 milliard d’euros.
Cette mesure affecterait directement la « flat tax » de 30% sur les revenus du capital, faisant potentiellement passer le taux de 30 à 36%.
Le renforcement de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), surnommée « surtaxe Sarkozy », pourrait générer jusqu’à 1 milliard d’euros supplémentaires par l’introduction d’un nouveau palier.
Ces propositions, encore en cours d’arbitrage, visent à concilier soutien au pouvoir d’achat et assainissement des finances publiques, tout en tentant d’obtenir le soutien parlementaire nécessaire pour éviter une motion de censure.
Reste à savoir si ce numéro d’équilibriste saura convaincre une Assemblée plus divisée que jamais. Le projet de loi de finances doit être présenté au Parlement au plus tard le 13 octobre.