Le CAC 40 a clôturé à 8 068 points vendredi, affichant un recul modeste de 0,57% sur cinq jours. Cette deuxième semaine consécutive de baisse n’entame pas l’optimisme annuel : l’indice gagne 9,32% depuis janvier. Mais l’ambiance reste prudente, coincée dans un corridor étroit entre 8 050 et 8 150 points depuis fin novembre.
Mercredi, la Réserve fédérale américaine a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base, portant la fourchette à 3,50%-3,75%. Une décision anticipée par les investisseurs, mais assombrie par des dissensions internes au sein du comité. Jerome Powell a rappelé la nécessité d’une approche graduelle pour 2025, refroidissant les espoirs de baisses agressives.
Résultat : Wall Street a mal digéré le message. Le Dow Jones a certes atteint un nouveau record, mais le Nasdaq a dévissé de 1,80%, entraînant le S&P 500 dans sa chute (-1,16%).
Oracle sème la panique dans la tech
Les déboires d’Oracle ont jeté un froid glacial sur le secteur technologique. Le géant américain du cloud a perdu 11% en une séance après des résultats jugés décevants et des rumeurs de retards dans la construction de data centers pour OpenAI. Cette déflagration a réveillé les inquiétudes sur la soutenabilité du boom de l’intelligence artificielle. Les investisseurs se demandent si les valorisations stratosphériques des valeurs tech reposent sur des fondations solides ou sur du vent.
À Paris, le CAC 40 a résisté tant bien que mal à la tempête venue d’outre-Atlantique. L’indice parisien bénéficie d’une exposition moindre aux géants technologiques américains, ce qui limite la contagion. Mais les tensions persistent.
Atos et Wendel tirent leur épingle du jeu
Côté tricolore, quelques valeurs ont brillé malgré le contexte morose. Atos s’est distinguée avec un bond spectaculaire de 16,34% sur la semaine, dont 9,97% rien que vendredi. Le groupe informatique en pleine restructuration séduit les chasseurs de bonnes affaires. Wendel (+4,85%) a annoncé un programme ambitieux de retour aux actionnaires : 1,6 milliard d’euros d’ici 2030. De quoi ravir les investisseurs en quête de dividendes généreux.
Schneider Electric a également dopé le moral des troupes avec un plan de rachat d’actions de 3,5 milliards d’euros, tandis qu’Exosens a décroché un contrat historique de 500 millions. Thales a signé la meilleure performance du CAC 40 mardi, grimpant de 2,60%. Ces succès hexagonaux contrastent avec les déconvenues d’Eutelsat, qui plonge de 9,38% malgré une levée de fonds réussie de 670 millions d’euros.
Que réserve la semaine du 15 au 19 décembre ?
Les prochains jours s’annoncent calmes, voire anesthésiés. La dernière semaine de Bourse complète avant les fêtes de fin d’année rime traditionnellement avec volumes d’échanges allégés. Les traders partent en vacances, laissant les marchés naviguer au radar.
Mais attention aux surprises : le fameux « rallye de Noël » pourrait pointer le bout de son nez. Le CAC 40 évolue à moins de 3% de son plus haut historique, une distance raisonnable pour tenter une offensive.
Les investisseurs scruteront les indicateurs économiques américains de décembre, notamment le taux de chômage et l’inflation CPI. Ces chiffres orienteront les anticipations pour 2025.
À Paris, l’attention se portera sur les derniers ajustements de portefeuilles avant le changement d’année. Nokia quittera définitivement la cote parisienne : les actionnaires ont jusqu’au 15 décembre pour faciliter la cession de leurs titres.
L’inflation française est restée stable à 0,9% en novembre, tandis que la croissance du troisième trimestre affiche 0,9% en rythme annuel. Des fondamentaux rassurants pour aborder 2025 avec sérénité