L’enquête ADP a jeté un froid mercredi : destruction de 32 000 emplois en novembre au lieu de créations anticipées. Un chiffre qui inverse les attentes, faisant basculer la probabilité d’une baisse de taux Fed à 89% pour le 10 décembre. Les rendements obligataires américains plongent aussitôt. Le taux du bon du Trésor à dix ans recule à 4,07%, tandis que celui à deux ans s’affiche à 3,48%.
Cette perspective de détente monétaire remet les marchés d’action en mouvement. Les investisseurs cessent de craindre une Fed trop agressive et repérent les relèves d’analystes opportunes : le scénario n’est plus celui d’une restriction prolongée, mais celui d’une normalisation progressive. C’est précisément ce qui soutient les valeurs sensibles aux taux et au cycle économique.
Les valeurs cycliques profitent de l’optimisme sur la Fed
Stellantis bondit de 7,64% à 9,82 euros en tête du palmarès. UBS a relevé sa recommandation de neutre à achat avec un objectif grimpant de 8,30 à 12 euros, creusant un potentiel de 31,50%.
L’argument : l’assouplissement attendu des normes CO2 américaines favorise les véhicules thermiques face aux électriques. Le marché voit aussi positivement les 13 milliards d’investissement annoncés aux États-Unis.
STMicroelectronics progresse de 5,75% à 21,33 euros. Le secteur des semi-conducteurs retrouve des couleurs après des semaines de doute, porté par les prévisions ambitieuses du groupe Marvell.
Airbus s’adjuge 4% à 198,12 euros en dépit de sa réduction de livraisons 2025, de 820 à 790 appareils. Les objectifs de cash-flow demeurent intacts, apaisant les craintes.
À l’inverse, Eutelsat dégringole de 5,71% à 1,97 euros après le désengagement massif de SoftBank Group Capital, qui cède 36 millions de droits. Vinci recule de 2,01% et ArcelorMittal de 1,93%, victimes de prises de bénéfices. Le secteur minier reste prudent face aux incertitudes sur la demande asiatique.
La zone euro s’éveille, la France aussi
Sur le plan macro, la zone euro affiche des signaux rassurants. Le PMI composite de novembre atteint 52,8, le rythme le plus rapide en 30 mois.
En France, le secteur des services rebondit à 51,4, son meilleur score depuis 15 mois. L’indice PMI composite français s’affiche à 50,4, passant au-dessus du seuil critique des 50 pour la première fois depuis août 2024. Cette embellie offre un contrepoids aux chiffres décevants outre-Atlantique.
Les investisseurs discernent donc une trajectoire claire : la Réserve fédérale pourrait réduire ses taux dans un contexte de ralentissement américain, tandis que l’Europe retrouve son souffle. Ce mixte favorise les rotations vers les valeurs cycliques européennes. C’est ainsi qu’Inditex, la maison mère de Zara, a grimpé de 8,99% à Madrid, portée par des résultats supérieurs aux attentes.
Le CAC 40 finalise la journée à 8 087,42 points en progression de 0,16%. Le SBF 120 gagne 0,11%. Cette séance s’inscrit en rupture avec deux séances baissières : elle illustre le retour de l’appétit des acheteurs pour les valeurs exposées au cycle économique. Le véritable test arrive le 10 décembre avec la Fed, puis vendredi avec l’indice PCE d’inflation américain. D’ici là, toute statistique joue un rôle de catalyseur.