Emploi américain : des fissures apparaissent derrière la façade

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L'économie américaine montre des signes d'essoufflement. Si le taux de chômage recule à 4,4 %, la création de seulement 50 000 postes en décembre révèle un moteur qui tourne au ralenti. La destruction d'emplois dans le commerce inquiète particulièrement les observateurs.

Par Le Revenu
Publié le 09/01/2026 à 17h49
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Emploi américain : des fissures apparaissent derrière la façade
(©Photo de Osman Rana sur Unsplash)

Il ne faut pas se laisser aveugler par la baisse faciale du chômage. Le chiffre clé reste la création nette de postes, et à 50 000 unités, la récolte est maigre. Nous sommes tout juste au niveau du consensus (55 000), un seuil déjà révisé à la baisse par des économistes peu confiants.

Ce volume confirme un ralentissement net par rapport aux mois précédents. Le marché du travail ne joue plus son rôle de puissant amortisseur avec la même efficacité. Le recul du chômage à 4,4 % pourrait n’être qu’un effet d’optique statistique ou le signe d’une main-d’œuvre qui se raréfie, plutôt que d’une économie en pleine expansion.

Le signal d’alarme de la consommation

L’analyse sectorielle douche un peu plus l’optimisme ambiant. La croissance de l’emploi repose désormais presque uniquement sur des secteurs défensifs ou subventionnés comme la santé et l’aide sociale. Ce ne sont pas des moteurs de cycle économique.

Plus inquiétant, le commerce de détail détruit des emplois. C’est un indicateur avancé redoutable : les distributeurs anticipent une baisse de la demande. Si le consommateur américain, véritable pilier de la croissance outre-Atlantique, commence à flancher, les perspectives de bénéfices pour les entreprises cotées s’assombrissent.

Le piège se referme sur la Fed

Ces données placent la Réserve fédérale dans une position inconfortable. L’économie ralentit visiblement, ce qui plaiderait pour un assouplissement. Mais avec un chômage sous les 4,5 %, les tensions salariales risquent de persister, empêchant la Fed de baisser ses taux rapidement.

C’est le scénario du « ni-ni » que redoutent les marchés : pas assez de croissance pour porter les profits, mais trop de tensions sur l’emploi pour détendre les taux. La volatilité risque de faire son retour à Wall Street si cette tendance stagflationniste se confirme.

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