L’ancien commissaire européen Thierry Breton interdit de visa aux États-Unis

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Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette mesure d’intimidation et de menace à la souveraineté numérique européenne.

Par Le Revenu
Publié le 24/12/2025 à 18h26
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L’ancien commissaire européen Thierry Breton interdit de visa aux États-Unis
(©AdobeStock)

Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont pris une mesure diplomatique inédite en interdisant de visa l’ancien commissaire européen Thierry Breton, ainsi que quatre autres personnalités européennes, accusés par Washington d’avoir encouragé une forme de « censure » des plateformes numériques américaines. Selon le département d’État américain, ces acteurs auraient cherché à « contraindre les plateformes américaines à censurer, démonétiser et supprimer des points de vue américains » via des cadres de régulation stricts.

L’accusation se concentre sur le rôle de Thierry Breton dans l’élaboration du Digital Services Act (DSA), une législation européenne votée à l’unanimité par le Parlement et les États membres, qui impose des obligations de modération de contenu et de lutte contre la désinformation pour les grandes plateformes. Washington considère ce cadre comme une ingérence dans la liberté d’expression américaine et un obstacle aux intérêts des entreprises technologiques basées aux États-Unis.

Réactions européennes et enjeux de souveraineté numérique

La réaction européenne a été immédiate et sévère. La Commission européenne a condamné les sanctions, estimant que l’UE a le droit souverain de réguler son espace numérique sans ingérence externe, et a demandé des clarifications à Washington.

Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette mesure d’intimidation et de menace à la souveraineté numérique européenne, tandis que le ministre français des affaires étrangères a réaffirmé que le DSA est un texte démocratiquement adopté et non destiné à exercer une influence extraterritoriale.

Les autres personnes visées par les restrictions de visa incluent des dirigeants d’ONG telles que le Centre for Countering Digital Hate, HateAid et le Global Disinformation Index, qui luttent contre la désinformation et les discours haineux en ligne.

Ce différend met en lumière une tension croissante entre les États-Unis et l’Union européenne sur la gouvernance des plateformes numériques, la liberté d’expression et la régulation du secteur tech, ajoutant une dimension géopolitique aux débats déjà vifs sur le contrôle du contenu en ligne.

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