SpaceX déplace ses satellites : un pari sécuritaire avant son entrée en Bourse ?

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SpaceX abaisse 4 400 satellites Starlink pour éviter les collisions. Une manœuvre stratégique à quelques mois d'une possible introduction en Bourse de l'entreprise d'Elon Musk.

Par Le Revenu
Publié le 04/01/2026 à 18h39
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SpaceX déplace ses satellites : un pari sécuritaire avant son entrée en Bourse ?
(©thaddeus cesari-Flickr)

SpaceX a annoncé début janvier une décision majeure pour sa constellation Starlink. L’entreprise d’Elon Musk va abaisser près de 4 400 satellites de leur altitude actuelle de 550 kilomètres à 480 kilomètres au cours de l’année 2026. Cette reconfiguration orbitale vise à renforcer la sécurité spatiale dans un environnement de plus en plus encombré.

La manœuvre intervient après un incident alarmant survenu en décembre 2025. Un satellite Starlink a frôlé la catastrophe en passant à seulement 200 mètres d’un satellite chinois. Neuf engins spatiaux chinois se seraient approchés « dangereusement près » de la constellation, selon les déclarations de SpaceX. Un cadre de l’entreprise californienne a confirmé que ce repositionnement permettra de réduire de 80% le temps de déclin balistique des satellites. Autrement dit, en cas de panne, les satellites redescendront plus vite vers l’atmosphère terrestre où ils se désintégreront naturellement.

Une stratégie pour rassurer les investisseurs

Cette initiative survient à un moment charnière pour SpaceX. L’entreprise, valorisée à plus de 180 milliards de dollars lors de transactions privées fin 2024, pourrait franchir le cap de l’introduction en Bourse courant 2026. Cette IPO tant attendue marquerait l’un des événements boursiers les plus importants de la décennie dans le secteur technologique.

Le déplacement orbital peut se lire comme une volonté de démontrer un management responsable face aux critiques internationales. La Chine a récemment porté plainte auprès des Nations Unies, dénonçant les risques de sécurité posés par Starlink. Pékin accuse la constellation américaine de menacer sa station spatiale Tiangong et ses propres satellites. Ces tensions géopolitiques pourraient peser sur la valorisation de SpaceX lors de son entrée sur les marchés publics.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Starlink compte déjà plus de 6 000 satellites en orbite et fournit un accès Internet haut débit à plus de 4 millions d’abonnés dans 70 pays. Le service génère des revenus annuels estimés à 6,6 milliards de dollars en 2024. Ces performances financières attisent l’appétit des investisseurs qui attendent impatiemment l’ouverture du capital.

Les alternatives cotées pour parier sur le spatial

En attendant l’hypothétique IPO de SpaceX, les investisseurs peuvent se positionner sur des concurrents déjà cotés. Eutelsat, né de la fusion avec OneWeb en 2023, déploie sa propre constellation de satellites en orbite basse. Le titre s’échange autour de 3,40 euros à Paris, en baisse de 15% sur un an. L’entreprise franco-britannique peine à convaincre face à l’avance technologique de Starlink.

Outre-Atlantique, Viasat représente une autre option. Le groupe américain a acquis Inmarsat en 2023 pour 7,3 milliards de dollars. Son action se négocie à 9,50 dollars au Nasdaq, loin de ses sommets à 45 dollars de 2021. Les analystes restent prudents sur le dossier, pointant un endettement élevé et une concurrence féroce.

Les équipementiers spatiaux offrent une exposition indirecte mais solide. Thales Alenia Space, filiale de Thales, fabrique des satellites pour de nombreux clients institutionnels et commerciaux. L’action Thales évolue autour de 145 euros, portée par ses activités défense et aérospatiale. Airbus Defence and Space, division du géant européen, bénéficie également de la croissance du secteur. Le titre Airbus se maintient à 160 euros, soutenu par des carnets de commandes record.

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