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La France accuse un net retard dans l'adoption de l'intelligence artificielle par rapport à ses voisins européens. Les PME peinent à franchir le pas.
Les entreprises hexagonales n’ont manifestement pas pris le train de l’intelligence artificielle générative. Selon l’étude 2025 de la Banque européenne d’investissement (BEI), à peine un quart d’entre elles (25%) ont franchi le pas, contre 37% en moyenne au sein de l’Union européenne. Un écart qui place la France loin derrière les locomotives nordiques : la Finlande culmine à 66%, suivie du Danemark (58%) et des Pays-Bas (55%).
Ce décalage interroge alors que l’intelligence artificielle s’impose comme un levier de productivité incontournable. Les États-Unis, avec 36% d’adoption, affichent un taux proche de la moyenne européenne. Mais outre-Atlantique, les entreprises vont plus loin dans l’exploitation de ces technologies : 81% des sociétés américaines qui utilisent l’IA l’intègrent dans au moins deux processus internes. En Europe, cette proportion tombe à 55%. Les firmes du Vieux Continent, France en tête, se contentent souvent d’un usage superficiel, sans exploiter pleinement le potentiel transformateur de ces outils.
Intelligence artificielle : comment l’IA révolutionne vos placements
L’enquête de la BEI, menée auprès de 13 000 entreprises européennes, révèle une fracture nette selon la taille des structures. Les grandes entreprises européennes adoptent l’intelligence artificielle générative à hauteur de 44%, contre seulement 28% pour les PME. Ces dernières cumulent les handicaps : budgets limités, manque de compétences techniques internes et difficultés à identifier les cas d’usage pertinents.
Le secteur manufacturier tire son épingle du jeu avec 39% d’adoption, devant les services (36%). La construction ferme la marche à 27%, peinant à moderniser ses pratiques malgré les gains de productivité promis par l’automatisation et l’analyse prédictive. Cette frilosité contraste avec l’urgence affichée par les pouvoirs publics, qui multiplient les plans d’accompagnement sans parvenir à enclencher une dynamique massive.
Intelligence artificielle : bulle spéculative ou révolution durable ?
Trois obstacles majeurs expliquent cette lenteur. L’incertitude économique pèse sur 83% des entreprises européennes, les poussant à différer leurs investissements technologiques. La pénurie de compétences arrive en deuxième position : 79% des sociétés peinent à recruter des profils qualifiés, capables de déployer et piloter des solutions d’IA. Les coûts énergétiques, enfin, constituent un frein pour 75% des firmes interrogées, particulièrement dans l’Hexagone où l’électricité demeure plus chère qu’outre-Rhin.
Face à ces défis, le soutien public reste modeste. Seules 16% des entreprises européennes bénéficient d’aides financières pour leurs investissements, souvent fléchées vers la transition écologique (41%) ou l’innovation (29%). L’intelligence artificielle ne figure pas encore parmi les priorités clairement identifiées des dispositifs d’accompagnement, malgré son rôle stratégique dans la compétitivité future. Pendant ce temps, les concurrents américains et scandinaves creusent l’écart, transformant en profondeur leurs organisations grâce à des technologies que la France peine encore à apprivoiser.
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