C’est rarissime dans l’histoire tourmentée du fabricant de matériel ferroviaire: Alstom vient de revoir à la hausse l’un de ses objectifs financiers. Il vise pour l’ensemble de l’exercice en cours — qui s’achèvera à la fin mars 2026 – une croissance organique de son chiffre d’affaires supérieure à 5%, au lieu d’une prévision précédente entre 3% et 5%.
Ce relèvement s’appuie sur les bons chiffres du premier semestre (avril à septembre dernier) que vient de publier Alstom. Le groupe dirigé par Henri Poupart-Lafarge a fait état sur cette période d’un chiffre d’affaires en hausse de 3% à un peu plus de 9 milliards d’euros. A données comparables, la progression de l’activité est ressortie à 8%.
La performance a été particulièrement solide en Europe (+8,5%), portée par les activités “matériel roulant” et “signalisation”.
La dynamique commerciale reste forte, avec un volume de commandes sur le semestre de 10,5 milliards d’euros, en légère baisse sur un an (11 milliards sur le semestre clos au 30 septembre 2024). Alstom a notamment enregistré un contrat de 1,7 milliard pour la fourniture de rames de RER en Ile-de-France. Aux États-Unis, il a gagné deux contrats majeurs pour un montant cumulé de 3 milliards d’euros, portant sur des trains de banlieue pour la côte Est.
Au total, le carnet de commandes atteint 96 milliards d’euros au 30 septembre, soit 5,3 années de chiffre d’affaires. La marge brute du carnet augmente à 18%, contre 17,8% en début d’exercice, ce qui tend à montrer que les commandes sont négociées dans de bonnes conditions financières.
Hausse de la marge
Alstom a aussi fait belle impression avec sa rentabilité. Sa marge d’exploitation ajustée sur le semestre est ressortie à 6,4%, contre 5,9% un an auparavant. Le groupe a bénéficié d’une hausse des volumes, d’une amélioration du “mix produits”, d’un étalement de ses dépenses de R&D et de la réduction des frais commerciaux et administratifs.
Il faut aussi noter qu’à la suite de l’achèvement du programme d’intégration de Bombardier Transport au cours du précédent exercice, aucun coût lié n’a été comptabilisé en charges non opérationnelles au cours du premier semestre.
Le résultat net part du groupe du semestre s’est fortement accru, à 220 millions d’euros, contre 53 millions lors du premier semestre de l’exercice précédent.
En revanche, le cash-flow libre est ressorti à -740 millions d’euros, reflétant la saisonnalité du besoin en fonds de roulement (c’est-à-dire la forte consommation de trésorerie pour financer l’activité et la hausse des stocks).
Cette consommation de cash-flow libre a entraîné une forte augmentation de la dette nette, à 1,4 milliard d’euros au 30 septembre dernier. Mais le niveau de la trésorerie demeure confortable – 1,7 milliard d’euros, sans compter 4,2 milliards de lignes de crédit -, et les fonds propres d’Alstom dépassent les 10,5 milliards d’euros.
Mais Alstom a maintenu sa prévision de cash-flow libre pour l’ensemble de l’exercice, qui devrait se situer dans une fourchette de 200 à 400 millions d’euros.
Il vise également pour l’exercice une marge d’exploitation ajustée d’environ 7% au lieu de 6,4% lors de l’exercice 2024/2025.
Après les déboires des dernières années, le groupe gagne en crédibilité. Le titre vient de reprendre 28% en six mois. Il se situe à la moitié de ses plus-hauts sur cinq ans et dix ans (46 euros). Le ratio cours sur bénéfice attendu pour l’exercice en cours ressort à 12 fois.
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