Rien ne s’est passé comme prévu pour Derichebourg depuis la publication de ses résultats semestriels le 27 mai dernier. A l’époque, le spécialiste du recyclage de métaux ferreux et non ferreux avait maintenu son objectif d’excédent brut d’exploitation à 350 millions d’euros pour l’exercice 2024/2025 clos le 30 septembre prochain, à la condition d’un retour rapide des volumes et des prix des matière commercialisées par le groupe sur les niveaux du premier semestre.
Or l’accord sur les droits de douane entre l’Europe et les Etats-Unis est intervenu tardivement et il reste défavorable avec des taxes de 50% sur l’acier, l’aluminium et le cuivre, freinant ainsi l’activité. La direction évoque aussi l’effet de la baisse du dollar sur le prix de la ferraille et des métaux non ferreux exprimés en euros. Enfin, le marché reste très influencé par les importations de semi-produits sidérurgiques chinois que la Commission européenne ne parvient pas à endiguer.
Dans ces conditions, Derichebourg ne prévoit plus pour l’exercice qu’un excédent brut d’exploitation compris entre 300 et 310 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,25 à 3,4 milliards d’euros. Le consensus devrait s’ajuster à cette nouvelle indication de sorte que le bénéfice estimé pourrait retomber autour de 95 millions d’euros contre 117 millions avant le recadrage.
Redressement de la filiale Elior
Compte tenu de la baisse du titre, la valorisation reste malgré tout sans excès à moins de 9 fois le bénéfice attendu pour cette année. Le potentiel de rebond des résultats devrait être limité sur le premier semestre de l’exercice suivant compte tenu de l’environnement économique actuel. Le groupe espère néanmoins récolter les fruits de ses récents investissements de développement dans des lignes de tri qui apporteront du résultat supplémentaire, ce qui devrait permettre de stabiliser la rentabilité dans un contexte de bas de cycle.
Toute reprise des volumes et des prix aura par la suite un effet de levier très positif sur les marges. A plus long terme, Derichebourg demeure un acteur incontournable du recyclage en France et en Europe avec un outil industriel de pointe et des actifs peu valorisés par les marchés.
Rappelons que le groupe est aussi le principal actionnaire de la société de restauration collective Elior (48% du capital) qui se redresse et devrait bientôt pouvoir reverser à nouveau un dividende. La valeur de cette participation représente à elle seule un tiers de la capitalisation boursière de Derichebourg.
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