L’Allemagne plébiscitée par les investisseurs

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L'équivalent outre-Rhin du CAC 40 s'adjuge un peu plus de 20% depuis le début de l'année. Les investissements massifs prévus par le gouvernement allemand pour relancer la croissance du pays marquent un tournant historique. 

Par Olivier Dauzat
Publié le 02/09/2025 à 15h00 | mis à jour le 09/09/2025 à 18h17

L’Allemagne plébiscitée par les investisseurs
(©AdobeStock)

L’ETF d’Amundi qui réplique le CAC 40 a retrouvé du tonus cet été, l’indice phare de la Bourse de Paris ayant regagné 5,5% par rapport à son point bas sur trois mois, à 7.505,27 points, le 23 juin. L’apaisement des tensions commerciales après l’accord conclu entre l’Union européenne et les États-Unis et les espoirs d’une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en septembre alimentent un regain d’optimisme chez les investisseurs. Mais entre les deux premières économies de la zone euro, c’est l’Allemagne qui fait la course en tête sur le plan boursier. En hausse de 20,3% depuis le 1er janvier dernier, le Dax reste tout proche de son sommet historique, à 24.639,1 points le 10 juillet.

Taux à la hausse

La croissance outre-Rhin reste certes anémique : le PIB a reculé de 0,1% au second trimestre et le FMI ne s’attend pas à une hausse supérieure à 0,1% sur l’ensemble de l’année. Mais le gouvernement allemand va libérer des centaines de milliards d’euros pour moderniser les infrastructures et renforcer les capacités de défense du pays, rompant avec des décennies de politique budgétaire restrictive. Un virage bien perçu sur les marchés, même s’il conduit à une augmentation des besoins d’emprunt et à une poussée des rendements obligataires, le 30 ans allemand évoluant à 3,3%, son plus-haut depuis 2011. La Bourse allemande se signale aussi par le dynamisme de ses grandes entreprises, comme l’éditeur de logiciels SAP, l’assureur Allianz, le réassureur Munich Re, le groupe pharmaceutique Merck, le conglomérat industriel Siemens, le fabricant d’armement Rheinmetall, et l’opérateur télécoms Deutsche Telekom. Des sociétés qui combinent un mélange d’histoires de restructurations, de pouvoir de fixation des prix et une politique de retour aux actionnaires, selon Goldman Sachs.

Stabilité politique

Si le CAC 40 compte aussi bon nombre d’entreprises tout aussi performantes, il reste pénalisé par son exposition aux valeurs du luxe. Les titres Hermès et Kering perdent chacun 11% depuis le début de l’année, l’action LVMH cédant 25%. Enfin, la stabilité politique allemande reste un atout fort, alors qu’en France, une censure du gouvernement Bayrou à la rentrée pourrait à nouveau faire tanguer le marché français. Le Dax pourrait donc continuer de surperformer le CAC 40. Sa valorisation ne nous paraît pas excessive. Il se traite 15 fois le résultat net attendu en 2026, soit sensiblement autant que son homologue hexagonal.

Les principales positions du fonds Amundi Dax ETF

  • SAP 13,5%
  • Siemens 10,2%
  • Allianz 8,4%
  • Deutsche Telekom 6,5%
  • Airbus 6,3%
  • Rheinmetall 4,3%
  • Munich Re 4,3%
L’industrie, la finance et les technologies de l’information sont les principaux secteurs du Dax allemand, pesant respectivement 30%, 21% et 17% de l’indice.
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