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Oracle : les résultats trimestriels déçoivent, le titre dévisse de 7%

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Le géant américain du cloud a publié des revenus inférieurs aux attentes pour son deuxième trimestre fiscal. Les investisseurs sanctionnent, malgré une croissance robuste de l'activité IA.

Par Le Revenu
Publié le 11/12/2025 à 16h09
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Le géant californien du cloud Oracle a subi une sévère correction boursière mercredi soir, perdant plus de 7% dans les échanges postérieurs à la clôture de Wall Street. L’entreprise fondée par Larry Ellison a publié des résultats trimestriels globalement solides, mais qui n’ont pas répondu aux attentes élevées du marché. Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre fiscal 2025 (clos fin novembre) s’établit à 14,1 milliards de dollars, en hausse de 9% sur un an. Un chiffre honorable mais légèrement en deçà du consensus de Wall Street qui tablait sur 14,2 milliards.

​Cette déception contraste avec l’euphorie qui avait entouré Oracle trois mois plus tôt. En septembre, l’annonce d’un contrat pharaonique de 300 milliards de dollars avec OpenAI avait propulsé le titre de 43% en une seule séance. Depuis ce pic, l’action a perdu près de 40% de sa valeur.

​Une croissance tirée par le cloud, mais insuffisante

L’activité cloud d’Oracle affiche pourtant des performances remarquables. Les revenus de l’infrastructure cloud (IaaS) ont bondi de 52% à 2,4 milliards de dollars, portés par la demande en capacités de calcul pour l’intelligence artificielle. La division Oracle Cloud Infrastructure (OCI) a même progressé de 68%, atteignant 4,1 milliards de dollars. L’entreprise bénéficie de nouveaux contrats signés avec Meta et Nvidia, en plus du partenariat stratégique avec OpenAI.

​Le principal motif d’inquiétude provient de l’activité logiciels traditionnels (licences sur site), qui recule de 3% à 5,88 milliards de dollars, nettement sous les 6,06 milliards attendus. Cette baisse témoigne de la migration difficile des clients vers le cloud. Sur le plan de la rentabilité, le bénéfice par action ajusté ressort à 1,47 dollar, très légèrement sous le consensus de 1,48 dollar.

​Des carnets de commandes exceptionnels mais un endettement préoccupant

Le véritable trésor d’Oracle réside dans ses obligations de performance restantes (RPO), qui explosent de 438% à 523 milliards de dollars. Ce carnet de commandes colossal représente les revenus contractés mais non encore réalisés, principalement liés aux infrastructures cloud. Il témoigne de l’appétit des géants technologiques pour les capacités de calcul d’Oracle.

​Toutefois, cette expansion fulgurante se finance par la dette. Les investisseurs s’inquiètent du recours croissant à l’endettement pour financer les centres de données. Oracle se retrouve au cœur des interrogations sur une éventuelle bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle.

​Valorisation : après la correction, faut-il revenir sur le titre ?

Après la chute de 40% depuis septembre, Oracle se négocie à environ 34 fois ses bénéfices prévisionnels sur 12 mois. Cette valorisation reste élevée comparée aux multiples de ses concurrents comme Amazon (23 fois) ou Microsoft (30,8 fois).

Oracle présente un profil à double tranchant.

D’un côté, l’entreprise se positionne comme un acteur incontournable de l’infrastructure pour l’intelligence artificielle avec un carnet de commandes stratosphérique.

De l’autre, les craintes sur l’endettement, la dépendance à quelques méga-clients (OpenAI, Meta) et le déclin du logiciel traditionnel justifient la prudence.


Après une correction brutale, le titre pourrait séduire les investisseurs à long terme convaincus par le potentiel technologique, à condition d’accepter une volatilité élevée. Pour les profils plus défensifs, mieux vaut attendre une stabilisation autour de niveaux de valorisation plus raisonnables.

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