Ryanair affiche une santé insolente. La première compagnie aérienne européenne en nombre de passagers a relevé lundi ses prévisions annuelles, dopée par un début d’année 2026 exceptionnel sur le front des réservations. Le directeur financier, Neil Sorahan, évoque même « les deux meilleures semaines de réservations de l’histoire » du groupe. Les tarifs moyens devraient progresser de 8 à 9% sur l’exercice clos fin mars, contre +7% anticipé en novembre.
Un troisième trimestre solide malgré l’amende italienne
Au troisième trimestre (octobre-décembre 2025), Ryanair a transporté 47,5 millions de passagers (+6%) avec un tarif moyen en hausse de 4%, à 44 euros. Le chiffre d’affaires atteint 3,21 milliards d’euros (+9%). Le bénéfice net ressort à 115 millions d’euros hors exceptionnels, en repli de 22% sur un an. Ce recul s’explique par l’absence de compensations liées aux retards de livraison Boeing, perçues l’an passé.
Une provision de 85 millions d’euros pèse également sur les comptes : elle couvre un tiers de l’amende de 256 millions d’euros infligée par l’autorité italienne de la concurrence (AGCM) en décembre. Michael O’Leary, le patron du groupe, se dit confiant dans l’annulation de cette sanction en appel.
Des perspectives annuelles revues à la hausse
Le transporteur irlandais table désormais sur un bénéfice net annuel (hors exceptionnels) compris entre 2,13 et 2,23 milliards d’euros, contre 1,61 milliard lors de l’exercice précédent. Soit une progression d’environ un tiers. Le consensus des analystes s’établissait à 2,22 milliards d’euros : Ryanair confirme donc les attentes du marché.
Le trafic annuel est également revu en légère hausse, à près de 208 millions de passagers (+4%), grâce à des livraisons Boeing plus rapides que prévu. La flotte compte désormais 206 B737-8200 « Gamechangers », plus économes en carburant. La compagnie a déjà couvert 80% de ses besoins en kérosène pour l’exercice 2027 à 67 dollars le baril, un niveau avantageux.
Un bilan solide et une politique de retour aux actionnaires généreuse
Ryanair affiche une trésorerie nette de 1 milliard d’euros et conserve la note BBB+ chez Fitch et S&P. Le groupe dispose d’une ligne de crédit non tirée de 1 milliard d’euros, de quoi rembourser sa dernière obligation de 1,2 milliard d’euros en mai prochain sans difficulté.
Côté actionnaires, un programme de rachat d’actions de 750 millions d’euros est en cours : 46% ont déjà été exécutés à fin décembre. Un dividende intérimaire de 0,193 euro par action sera versé fin février. Sur trois ans, le rendement total (TSR) dépasse 150%, plaçant Ryanair dans le premier quartile du Stoxx Europe 600.
Notre conseil : acheter avec un objectif de 33 euros
L’action Ryanair évolue autour de 28,70 euros sur Euronext Dublin. Malgré le recul du bénéfice trimestriel et l’incertitude autour de l’amende italienne, les fondamentaux restent très solides : maîtrise des coûts, avantage concurrentiel sur les tarifs, flotte moderne, bilan sain. La demande reste vigoureuse, et la compagnie dispose d’une visibilité confortable sur ses coûts de carburant.
Le titre se paie environ 11 fois les bénéfices attendus pour l’exercice 2026, une valorisation raisonnable au regard de la croissance. Nous conseillons d’acheter l’action Ryanair avec un objectif de cours de 33 euros, soit un potentiel de hausse d’environ 15%.