Schneider Electric a frappé fort ce jeudi lors de sa journée investisseurs organisée à Londres. Le spécialiste français des équipements électriques et de l’automatisation a annoncé un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 3,5 milliards d’euros d’ici 2030, son premier depuis près de trois ans. Le titre a bondi de 3,8% à 242,45 euros, signant la plus forte hausse du CAC 40 de la séance.
Des objectifs financiers relevés
Le groupe vise une croissance organique annuelle comprise entre 7% et 10% sur la période 2026-2030, confirmant ses précédentes ambitions. Mais l’élément le plus notable reste la révision à la hausse de ses objectifs de rentabilité.
Schneider Electric table désormais sur une hausse organique de sa marge d’EBITA ajusté de 250 points de base cumulés entre 2026 et 2030. Cette guidance représente un changement d’échelle par rapport à la précédente cible, qui ne visait qu’une amélioration de 50 points de base sur 2023-2027.
Le taux de conversion du cash-flow libre devrait atteindre environ 100%, tandis que le retour sur capitaux investis (ROCE) est attendu entre 15% et 20%. Ces objectifs témoignent de la confiance du management dans sa capacité à capitaliser sur les mégatendances que sont l’électrification et l’intelligence artificielle.
Le virage digital s’accélère
Schneider Electric ambitionne de porter la part de ses revenus issus d’offres digitales à plus de 70% d’ici 2030. Les logiciels et services devraient représenter environ 25% du chiffre d’affaires du groupe sur cette période, avec un doublement des revenus récurrents. Cette stratégie vise à renforcer la résilience du modèle économique et la fidélisation des clients dans un contexte où le groupe s’impose comme fournisseur majeur de centres de données en Amérique du Nord.
Pour financer cette transformation, Schneider Electric a également annoncé un programme de cessions d’activités représentant 1 à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, à finaliser d’ici 2030.
Un geste apprécié envers les actionnaires
Le retour aux rachats d’actions intervient après une performance boursière en demi-teinte en 2025, le titre affichant un recul de près de 4% depuis le début de l’année. Le précédent programme avait été mené entre 2019 et 2023. Ce nouveau dispositif, couplé à des perspectives financières renforcées, traduit la volonté du management d’accroître la rémunération des actionnaires tout en saisissant les opportunités offertes par le boom de l’IA.
Notre conseil
À conserver. Schneider Electric affiche des ambitions solides portées par des relais de croissance structurels (IA, électrification, transition énergétique). Les objectifs de marge relevés et le programme de rachat d’actions devraient soutenir la valorisation. Objectif de cours : 265 euros.